#2 – Bilan de ma déconnexion,

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Vous allez peut-être me dire que ce bilan était prévisible. Pour ma part, je ne l’ai pas forcément vu arriver sous cet angle-là, et d’autant plus maintenant que j’apprivoise mes sentiments au jour le jour.

Comme je le disais déjà dans mon premier bilan, j’ai drastiquement réduit mon rapport à Internet et aux réseaux sociaux. Mais le bilan ne s’arrête pas là, voilà pourquoi je vous présente un point 2 !

En essayant de m’écouter dans le tumulte virtuel, je me suis aperçue que, la plupart du temps, les réseaux sociaux (blog y compris) engageait deux types d’émotion :

  • La première, la plus facile, est la dévalorisation. Je n’écris pas aussi bien, mes photos sont si ternes à côté, personne ne s’intéresse à mon univers, je perds mon temps, je suis plutôt nulle, ma vie a l’air si simple à côté, mon travail ne me passionne pas, etc. Jusqu’ici, rien de surprenant, et c’est un sentiment général.

  • La deuxième, la plus vicieuse car la plus inattendue, est la survalorisation. Je fais mieux que ça, heureusement que mes photos sont plus lumineuses, mon univers est bien plus intéressant, je peux être fière de moi après avoir lu ça, etc.

Aucun des deux sentiments n’est louable et salutaire, je pense que nous nous rejoignons tous à ce niveau-là, n’est-ce pas ? Et pourtant, combien sommes-nous à ne pas les ressentir, jamais, en surfant sur la vague du web ?

L’autre bilan que j’ai tiré de ce monde virtuel, et de l’impact qu’il avait sur ma vie, est le suivant. Nous passons beaucoup, voire énormément de temps, à chercher le regard commun, l’approbation globale, en nous assurant notamment que nos articles sont lus, que nous avons un certain nombre de commentaires, de « j’aime » ou de partages. On se dit, l’air de rien : « après tout c’est normal que je veuille voir le fruit de mon travail » mais là est toute l’erreur et le piège.

Pour qui « travaillons »-nous ? Pour qui « partageons »-nous ? Quelles sont nos priorités dans le partage ?

Je suis intimement persuadée que nous posterions beaucoup moins d’articles, de photos, de posts Instagram, Twitter, Facebook ou que sais-je si nous le faisions avant tout pour nous-même. Pour la simple et bonne raison que partager par plaisir personnel plus que par motivation publique est un choix qui se contenterait amplement d’un document Word enregistré sur le disque dur et d’une photo encadrée sur le mur du salon ou de la chambre à coucher.
Heureusement, nous partageons aussi pour aider, soutenir, nourrir les autres (même si parfois, nous avons le sentiment de le faire, et nous nourrissons principalement notre égo narcissique sans même nous en rendre compte, c’est là aussi la limite fragile). Et certains apports sur la toile publique sont vraiment bons, agréables, voire nécessaires.

Nous sommes tous capables de l’un comme de l’autre, et pas un ne rattrape l’autre, même si ce serait tellement mieux comme ça !

Bien sûr, j’aime énormément l’univers des blogs, j’ai une petite liste bien au chaud que je consulte régulièrement et que je chouchoute. Je fais abstraction de certains articles, j’en lis d’autres avec avidité. J’ai trouvé mon équilibre.

J’ai dernièrement cassé mon téléphone portable, et ai décidé de ne pas le renouveler mais de récupérer un vieux téléphone passé. De fait, je suis de moins en moins connectée aux réseaux sociaux et ne partage même plus sur Instagram. Je lis également un livre qui, outre le fait de valoriser le travail d’excellence, dénonce également l’abus narcissique d’aujourd’hui. Et il m’arrive régulièrement, en lisant un passage, de me dire : c’est tellement, mais tellement ça.

Je ne dis pas qu’il faut être sur les réseaux sociaux pour être narcissique, cette caractéristique a de tout temps existé et ne fait pas partie exclusivement du monde post-moderne dans lequel nous vivons, mais je dirais qu’elle a évolué de par ce monde.

Est-ce qu’on m’a soudainement retiré des œillères ? Peut-être bien. Est-ce que je voudrais faire partie intégrante de ce monde de par mon empreinte et mon action virtuelles ? Je ne suis pas très sûre.

C’est un exemple tout bête, mais dernièrement, je réalise qu’en écrivant tout ces articles, tout le temps passé aurait certainement pu m’aider à rédiger le quart de mon livre rêvé. Je l’aurais fait pour moi avant tout, et je l’aurais partagé ensuite, quand le plaisir personnel aurait trouvé sa place. Alors, et seulement alors, mon plaisir personnel aurait pu tendre la main et partager ce plaisir. J’ai pris du plaisir donc je partage ; et non partager pour ressentir du plaisir.

Alors voilà, j’ai décidé de prendre un peu de temps pour moi, pour digérer toutes ces réflexions qui fusent dans mon esprit, et pour me recentrer au bon endroit. J’ai bien envie de vacances d’été. Et je verrai bien si je ferai ma rentrée 😉

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