La lumière derrière les nuages,

La lumière derrière les nuages,.jpg

(Crédit photo : Isabel Nao / Retouches : Au bout du voyage)


Après une semaine de vacances, la reprise du travail pointe le bout de son nez. Et je dois avouer que j’ai plutôt été surprise par mon plaisir anticipé par cette idée. Oui, je suis contente de reprendre le travail, de retourner au bureau, de retrouver mes dossiers. Et pourtant, je peux vous dire que la reprise va être sportive, car six dossiers doivent être gérés et bouclés d’ici le 1er juin ! Mais cela me réjouit. Oui oui, je vous assure, je me suis moi-même surprise. Que penser de cet article alors ? Hé bien…

… Qu’il est un article comme beaucoup d’autres, où je prends plaisir à partager avec vous tout ce qui traverse mon esprit – car je suis intimement persuadée que je ne suis pas la seule à passer par ce type de choix, d’hésitations, etc. – et que cet article que je rédige en est également un autre, une suite logique, pour partager avec vous mon cheminement réflexif.

Je suis absolument heureuse, ravie, et fière, d’avoir pu prendre 6 mois de congé parental pour notre petit N. C’était ce que je souhaitais, et je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu le faire, financièrement parlant notamment (car on sait tous que le congé parental ne rémunère pas au même titre qu’un salaire). Je suis d’autant plus reconnaissante, et heureuse, d’avoir pu bénéficier d’un congé parental à temps partiel d’une année quasi entière – quel privilège ! Et quel bonheur, malgré certaines journées plus difficiles que d’autres. J’ai pu voir notre petit N. grandir, évoluer, se sentir serein, en sécurité, entouré, s’éveiller, etc. etc. etc.

Je sais déjà une chose : je ne sais pas quand le deuxième bébé arrivera dans nos vies, mais je sais que – si toutes les conditions sont réunies pour favoriser cette décision – je réitérerai tout pareil pour lui. C’est la meilleure décision que je puisse prendre pour lui, et pour moi.
Mais je sais aussi une chose : j’aime le travail, et je suis faite pour travailler. Il est clairement impossible pour moi qu’un congé bébé se prolonge de trop, et je sais que je l’apprécierai d’autant plus de par son caractère temporaire. A mes yeux, un congé parental est une étape, et non une fin en soi (sauf cas majeurs, mais c’est une autre histoire). Et pourtant, oui oui trois fois oui, j’ai tellement hésité avant d’en arriver à cette conclusion. Mais je sais que ces hésitations avaient pour vocation de solidifier ma décision finale, et c’est exactement ce qui arrive. En ce sens, je suis contente de passer par toutes ces interrogations saines et salutaires.

Je sais aussi aujourd’hui que je n’ai pas fait toutes ces études pour rien, et que je n’en suis pas là où j’en suis pour des clopinettes. Mon parcours plutôt atypique m’a déjà permis de franchir d’énormes barrières, à tout juste 25 ans, et je ne veux pas fermer les yeux, avec ingratitude et utopisme, sur ça. Le passage d’un livre, pioché au hasard, a fini de me convaincre ces derniers jours : « Il en est peut-être de même pour vous : si votre travail actuel ne vous permet pas de concrétiser vos plus grands idéaux professionnels, cela ne veut pas dire que vous vous êtes trompé(e) d’emploi ou que vous n’êtes pas appelé(e) à exercer ce métier. Et cela ne veut pas dire non plus que vous devriez passer votre vie à chercher le travail parfait qui ne vous causera jamais aucune frustration. Ce serait une quête inutile. Au contraire, attendez-vous à vivre régulièrement des contrariétés dans votre travail, même si vous êtes exactement au poste qui vous convient. » *

Alors oui, c’est vrai, Assistante de Direction ne fait pas forcément frémir sur le papier, et pourtant, c’est un poste qui me correspond et qui me plaît. Il ne correspond certes pas à mon idéal professionnel (faire de ma passion mon métier) (travailler dans l’écriture, les livres, l’édition ou être architecte d’intérieur), il ne correspond certes pas aux critères valorisés par la Société en général, mais il me complaît, il me complète. Après avoir passé en revus, des mois durant, les différents postes qui me plairaient, les changements de voie envisageables, l’épanouissement que je pourrais en retirer, j’en suis arrivée à la conclusion suivante : là où je suis, je suis bien. Oui : BIEN. Voilà. Ca paraît plutôt bête comme ça, et pourtant je me sens en paix presque totale avec cette conclusion.

Et pourquoi je me sens si bien, tout à coup ? Hé bien, finalement, je pense que j’ai regardé ma vie professionnelle avec un autre regard, sous un autre prisme. Je vous le disais ici, quand on plonge son regard dans les réseaux sociaux, on a l’impression qu’il n’existe que des blogueurs professionnels, des web-designers ou web-managers, des graphistes, ou encore des web-modeurs(-euses). Et surtout : que des gens qui vivent de leur passion. Et notre regard se creuse, se rétrécit et la rétine ne finit par s’arrêter que sur ces quelques corps de métier (qui sont géniaux, je n’enlève aucune substance !). Mais soyons réalistes : cela ne correspond pas à mes aspirations, cela ne correspond pas à mon rythme de travail, et encore moins au rythme que je voudrais imposer à ma famille, et je ne suis pas certaine – qu’à long terme – ce soit finalement si épanouissant, si grisant, si gratifiant, pour moi.

Actuellement, mon métier me plaît, j’aime ma boîte, le salaire n’est pas déconnant, j’ai pas mal de responsabilités et des perspectives d’évolution certaines et malgré certaines journées difficiles, malgré parfois la fatigue et les dossiers à rallonge, je ne donnerai mon poste à personne d’autre. Ma patronne est géniale, entre les fou-rires de bureau, les confidences toujours respectées, les conseils avisés, les verres en terrasse, la confiance mutuelle, etc. Si notre petit N. est malade, c’est elle-même qui me met à la porte pour que j’aille le récupérer, sans qu’un jour de congé ne soit prélevé ou un traitement sur salaire ne soit effectué. Si je suis moi-même malade, je peux aller chez le médecin dès le matin et arriver bien plus tard au travail, sans avoir à rattraper quoique ce soit. Sans compter que c’est elle qui a accepté le temps partiel d’une année, en prenant le relais sur les deux jours restants, car elle a fait la même chose pour ses enfants et comprend que ce soit important pour une maman. Et j’en omets sûrement, croyez-moi, j’en omets encore !
Ce poste me permet de répondre au critère le plus important : avoir du temps pour ma famille. Et c’est amplement le cas.

Il y a quelques semaines, au détour d’une conversation professionnelle, ma patronne me répondait qu’avant d’envisager quoique ce soit, il serait sûrement plus judicieux que je sache où je veux aller et ce que je veux faire, concrètement. Et même si je me suis prise une gifle monumentale, je sais qu’elle avait raison.

Je ne crois pas qu’il soit obligatoire de faire de sa passion son métier, pour avoir le droit de dire « je suis heureux et professionnellement épanouit ». Je crois que l’épanouissement professionnel passe par d’autres critères, d’autres détails, et qu’un ensemble de choses doit être pris en compte avant de tirer certaines conclusions. Et même si le monde numérique prend une ampleur phénoménale, ce n’est qu’un monde parmi mille autres mondes ; et pas nécessairement le meilleur.
Et si je veux/je dois changer, un jour ou l’autre, pour X raisons, je sais que je me focaliserai plutôt sur un poste d’Assistante de Direction dans une autre Société et/ou à temps partiel. Tout simplement.

Travailler tout en prenant soin de ma petite famille et en ayant du temps pour moi, mes passions sont les seuls critères qui m’épanouissent véritablement. Aujourd’hui, j’y vois déjà beaucoup plus clair. Et qui sait ce que je serai et ce que je ferai, dans dix ou quinze ans ? 😉 La vie est pleine de surprises, mais je crois qu’il est important de trouver un équilibre pour avoir cette possibilité de se laisser surprendre ensuite. Et je crois bien être sur… la bonne voie !

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2 réflexions sur “La lumière derrière les nuages,

  1. Maman BCBG dit :

    (rien à voir , ou presque, avec l’article, mais que j’aime te lire ! Tu as vraiment du style!!)

    Bonne reprise alors, et tu as raison, l’équilibre vie pro/perso est tout aussi important que l’intérêt en lui même du poste !

    Aimé par 1 personne

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