Les étapes d’un bébé qui grandit : l’angoisse de la séparation,

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Notre petit N. a maintenant 12 mois passés, et même 13 mois dans une semaine. Nous avons malheureusement été pris d’une angine blanche pendant son anniversaire, autant Monsieur que moi, ce qui tombait mal mais qui devait être ainsi. Mais tout ceci ne l’a pas empêché de nous rappeler qu’il grandissait, à vitesse folle, et preuve en est : il a commencé à développer une sacrée angoisse de la séparation.

Il paraît qu’elle démarre, généralement, vers les 8 mois. Mon petit N. ne faisant jamais les choses comme tout le monde, c’est donc à 12 mois qu’il a commencé à exprimer tout ça. Et ce serait vous mentir que de vous dire que tout se passe bien, les doigts dans le nez, car ce n’est pas du tout le cas ! C’est une rude épreuve qui nous met à genoux plus d’une fois et qui met également à l’épreuve notre affection pour l’éducation bienveillante.

Depuis qu’il est né, on me complimente pour mon enfant qu’on qualifie de « gentil, doux, souriant, affectueux et facile ». Facile, voyez-vous ? Mais là tout de suite, j’aimerais bien retrouver ces gens et leur laisser gérer les crises perpétuelles de mon fils lorsqu’on quitte une pièce ou lorsqu’on le couche… Pensez-vous qu’ils diraient toujours : facile ? Car moi je n’y vois plus rien de facile, croyez-moi…

C’est systématique : si je change de pièce, il pleure. Ou alors, il me suit. Ou alors, il se colle à mes jambes. Les toilettes n’ont jamais été aussi habités, je vous le dis !
Le plus dur encore, c’est au moment de le coucher, pour la sieste comme pour la nuit de façon indifférenciée : il hurle sans discontinuer, debout dans son lit.

Je ne suis pas pour laisser l’enfant pleurer, je crois l’avoir déjà plus ou moins évoqué ici. Mais alors, croyez-le ou non, j’ai tout essayé et rien ne donne de résultats probants : je l’ai bercé, mais sitôt la porte fermée, il hurle ; je lui ai caressé le visage jusqu’à ce qu’il s’endorme, mais en vérité il ne s’endort jamais (il reste sur la vigilance de mon départ) ; je l’ai posé sur le canapé, calé contre des coussins, et ça n’a dû marcher qu’une seule fois ; je l’ai fait dormir dans notre lit mais c’est un terrain de jeu plus qu’une occasion de dormir ; je l’ai pris en porte-bébé mais il n’aime toujours pas ça ; j’ai tenté le matelas à même le sol mais ça ne change rien.

Au final, qu’est-ce qui a marché ?

Hé bien… les balades en poussette, pour peu qu’elles ne soient pas trop longues et surtout, qu’elles tombent sur une phase de sommeil car sinon c’est foutu (petit N. supporte de moins en moins la poussette car il veut être debout mais il ne veut pas marcher pour autant, bref, les déplacements compliqués quoi…). Et sinon, le fait que je dorme avec lui. Mais enfin, tout ceci s’applique aussi au papa, qui a tout essayé aussi et qui en arrive aux mêmes conclusions que moi. Pour quelqu’un qui n’aime pas faire la sieste et dormir en milieu de journée, je suis gâtée…

J’ai conscience que cette phase est temporaire, qu’elle n’est pas amenée à durer pour peu qu’on rassure l’enfant, et qu’elle est même saine car normale. Mais je dois vous avouer que le plus dur, dans tout ça, ce n’est finalement pas tant cette énergie mobilisée pour le rassurer et l’apaiser. Ce sont les discours moralisateurs dont j’ai eu droit autour de moi, et en particulier celui de la crèche :

Il ne faut pas dormir avec lui la nuit. Il faut le laisser s’endormir avec vous et le reposer tout de suite dans son lit. Et puis il ne faut pas hésiter à le laisser pleurer ; il doit comprendre.

Mais comprendre quoi au juste ? Que la séparation fait partie de la vie et que hurler pendant des heures n’y changera rien ? Qu’il doit laisser papa et maman se reposer parce que c’est comme ça et pas autrement ? Que ses angoisses ne sont rien d’autres que des caprices qui n’ont pas le droit d’être écoutés ?

J’ai eu droit au même discours lorsque notre petit N. avait de nouveau faim la nuit, vers 11 mois : il faut le laisser pleurer, il doit comprendre qu’il ne mange plus la nuit. Mais au titre de quelle loi, de quelle théorie, de quelle religion ?
Nous avons fini par lui expliquer, très sérieusement, et avec toute son écoute, que nous ne lui donnerions que de l’eau la nuit, et cela fonctionne très bien, nous n’avons jamais eu besoin de le laisser pleurer pour qu’il comprenne, mais franchement, lorsqu’il hurle de faim (et qu’on entend même son ventre gargouiller) à 5h du matin, je peux vous dire que je n’hésite pas à lui donner son biberon du matin. Il se rendort tout de suite et ne réclame à manger que vers 11h30, tout est donc parfaitement normal. Et surtout : c’est temporaire. Temporaire !

C’est exactement le même tableau pour cette angoisse de la séparation. Mais les discours nous font parfois hésiter, l’espace de quelques heures, quelques jours. On se dit : tiens, et si on faisait bien ? Vraiment bien ? Va-t-on le regretter un jour, le jour où on ne pourra plus rien y changer ? Et c’est finalement cette culpabilité qu’on fait poindre dans mon cœur de maman que je trouve le plus fatiguant à gérer. Parfois, je rêve à plus de bienveillance dans les discours généraux et à des solutions plus constructives apportées aux parents…

Alors, pour tout vous dire : cette angoisse n’est pas terminée à l’heure où j’écris cet article. Il dort enfin, après une heure a bataillé contre ses sentiments angoissés de me voir quitter sa chambre. Le canapé n’a toujours pas fonctionné. Le lit non plus. Les bras non plus. Bref, rien. J’ai bien vu qu’il était épuisé et qu’il luttait contre le sommeil, à se frotter les yeux et les oreilles à tout va. Alors, je n’ai pas attendu plus, je l’ai enfermé dans sa gigoteuse, je lui ai fait un gros câlin, je l’ai posé dans son lit, je l’ai rassuré avec sa petite musique, je lui ai caressé le visage, j’ai chanté un petit peu, je l’ai embrassé, et surtout je lui ai dit : « je suis à côté, dans le salon, je suis tout près de toi, je t’aime, de près comme de loin, et rien ne peut y changer ça, si tu as besoin, je suis là, et je viendrai, mais pour le moment, tu es épuisé, tu me le montres en te frottant les oreilles, et les yeux, et je suis certaine que tu le sens aussi, alors il faut que tu te reposes. On pourra se retrouver ensuite et jouer ensemble, tu seras en pleine forme et ce sera encore mieux, tu verras. En attendant, je suis là (en pointant du doigt la pièce à côté) et je ne bouge pas, d’accord ? Je te laisse trouver ton sommeil et t’apaiser, c’est important. »

Ca, c’est la version qui marche le mieux. Regardez, il dort depuis 45 minutes déjà.

Mais parfois, ça ne marche pas, et en mère imparfaite que je suis, parfois, je lui explique que ce n’est plus possible, que je suis fatiguée, que j’ai besoin de me reposer moi aussi, et que je ne peux pas revenir une vingtième fois de plus. Il pleure, cinq minutes. Et il s’endort. Je sais qu’il comprend, je sais que je lui ai expliqué les choses : et ça, ça me semble être le plus important.

Quand je le regarde dormir, je me sens sereine, même s’il finit au milieu de nous pour le trois quart des nuits depuis deux semaines. Peu importe. Quand je le regarde, je le vois bien : il est apaisé, il est confiant, il dort profondément, et il le sait, que je suis là et que je viendrai, si besoin.
Alors voilà, depuis quelques jours, il dort sans problème à la crèche, de nouveau et comme avant. Depuis quelques jours, nous gagnons des nuits à deux, où le matin nous sourions de l’entendre dormir paisiblement dans son lit. Nous gagnons des couchers où il n’y a aucune larme et un sommeil immédiat. Nous sentons que cette angoisse de la séparation s’efface petit à petit, comme une volute de fumée, pour laisser place nette à un horizon dégagé. Et c’est en quelque sorte notre réponse, notre lot de gagnant, que de voir la bienveillance payer, au-delà des conseils entendus.

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6 réflexions sur “Les étapes d’un bébé qui grandit : l’angoisse de la séparation,

  1. Maman BCBG dit :

    L’angoisse de la séparation, je suis en plein dedans pour ma numéro deux (neuf mois !) et c’est difficile… surtout pour les couchers, alors qu’elle tombe de sommeil. Si au bout de 5 minutes elle ne s’endort pas (car cela arrive quand même bien souvent qu’elle se calme d’elle même au bout de quelques secondes), nous la reprenons près de nous, dans son transat ou sur le canapé, en attendant que le sommeil fasse son oeuvre pour pouvoir ensuite la coucher sereinement.

    Mais j’avoue qu’il y a deux nuits nous avons craqués : réveil on ne sait pas pourquoi à 1h du matin…. elle n’avait pas faim, car elle n’a pas voulu de son biberon, elle tombait littéralement de sommeil (s’endormait en 30 secondes sur mon épaule), mais impossible de la recoucher sans qu’elle n’hurle immédiatement.
    Ben au bout d’une demie heure, sachant que mon mari et moi travaillions le lendemain, on a craqué, on l’a recouché en lui expliquant qu’on était à côté, mais que là, il fallait dormir.
    Elle a hurlé 20 minutes… et s’est endormie jusqu’au matin…

    Je m’en veut un peu, mais franchement, cette fois çi, je n’ai pas pu donner plus 😦

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  2. auboutduvoyage dit :

    Holala comme je comprends… La nuit, je trouve que c’est vraiment le plus dur. Surtout pour moi, qui ai beaucoup de mal à me lever en pleine nuit sans être ronchon.
    Il nous est arrivé aussi, épuisé, de lui dire : écoute, on est à côté, on t’aime, il faut te reposer et de le laisser pleurer un peu. En général, en dix minutes il dort, mais c’est vrai qu’après je m’en veux… Je me dis : mince, je l’ai laissé pleurer un peu quand même.
    Mais quand on a tout essayé et que rien ne fonctionne hé bien, après des mots réconfortants, je crois que je comprends aussi ta position ! Et je ne vois pas toujours comment faire autrement !
    Bon courage pour cette crise passagère, à vous aussi ! (je compatis)

    Aimé par 1 personne

  3. Julieo dit :

    Merci pour cet article
    En plein dedans avec mon fils de 18 mois (il avait déjà fait à 9 mois mais vite passé et plus lié aux dents et à des fringales nocturnes)
    Ce qui marche pour nous (pour le calmer en tout cas pas pour l’endormir) c’est de lui lire des histoires (ou rester à côté du lit et parler). Je ne le prends pour dans les bras pour le calmer car après c’est pire et impossible de le reposer (on dirait que son lit lui brûle les pieds).
    Nous n’avons cédé qu’une seule fois à le faire coucher avec nous (nous n’étions pas chez nous et alors qu’il dormait dans la même chambre que nous à la base) car de toute façon, il ne s’endort pas plus avec nous.
    Désolée je suis un peu longue mais comme toi je vis cette période difficilement car effectivement je n’aime pas le laisser pleurer mais qu’en ce moment il n’y a que ça qui marche car il ne relache pas sa vigilance et « veille » tant que l’on est encore avec lui alors on le réconforte, on lui dit qu’on comprend, essaye de verbaliser son angoisse et petit à petit on espère que ça s’arrange
    Bon courage pour cette période difficile (nous c’est couplé avec des colères pour s’habiller et rentrer car monsieur adore être dehors)

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  4. Aurore dit :

    personnellement je trouve que le pire à faire face à l’angoisse de séparation c’est de rester le soir jusqu’à ce qu’il s’endorme. finalement l’enfant s’endort avec notre présence mais quand il se réveille il est de nouveau tout seul alors après réflexion c’est quelque chose que j’ai totalement arrêté de faire car je me dis que je la l’angoisse doit être à son comble.
    Qui a super bien marché pour notre petit dernier c’est un de mes t-shirts mis dans son lit qui lui sert de 3e doudou point ma grande de quasiment de 6 ans avec la même chose et elle continue d’avoir mon t-shirt au bout de son lit ranger avec ses doudous.
    Courage, c’est une sacrée période mais comme tout ça finit heureusement pour passer

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  5. auboutduvoyage dit :

    Rolala oui, je comprends que ce soit une période difficile pour toi aussi ! En plus, à 18 mois, ils ont une autre façon de verbaliser les sentiments, et ce n’est pas forcément évident non plus !
    Comme toi, j’ai tellement l’impression qu’il n’y a que le laisser pleurer un petit peu qui fonctionne, après avoir parler avec lui, l’avoir rassurer par les mots, l’affection physique, etc. Mais c’est vrai qu’il réclamait beaucoup le fait de dormir dans notre lit, avec nous, pendant cette période.
    Depuis peu, elle vient de se terminer (enfin, je crois, ou peut-être reviendra-t-elle à peine ce commentaire posté ?!). C’est un vrai soulagement et, bien évidemment, je te souhaite la même chose ! Vraiment, courage, car cette période passe (oui oui !) !

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  6. auboutduvoyage dit :

    Merci beaucoup pour tes conseils ! Je n’ai finalement pas eu besoin de les appliquer car notre petit N. a visiblement terminé cette période d’angoisse de la séparation, mais je me le suis gardée derrière l’oreille quand même.
    C’est vrai que c’est difficile comme période. Je n’en garde pas spécialement un bon souvenir, mais beaucoup de fatigue. Au moins, elle a eu le mérite de forger d’autant plus ma patience !
    Merci pour ton petit mot 🙂

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