#1 – Bilan de ma déconnexion,

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Comme je vous en parlais ici et ici, j’ai décidé, depuis quelques semaines, de m’éloigner davantage des réseaux sociaux et du monde virtuel, pour ouvrir grand les yeux, et même les écarquiller, sur la vie, la vraie. Je dois avouer que je me sens de moins en moins en phase avec cette société postmoderne, et bien que loin de moi l’idée de dénigrer qui que soit ni quelque idée que ce soit, je suis contente d’y prendre du recul et de me resituer au milieu de tout ça.

J’ai dernièrement lu un livre dont certaines lignes ont fait écho en moi :

« Les transformations sociales opérées depuis plusieurs décennies posent en réalité une problématique consumériste: celle de l’évolution marchande de la société. Cette évolution crée des dysfonctionnements bien réels qui poussent les hommes et les femmes au désir de toujours consommer davantage. Nous ne consommons plus pour vivre mais nous vivons pour consommer.
Nous avons cru à une nouvelle forme de libération mais en réalité, nous subissons le totalitarisme du marketing. La modernité consumériste se présente ainsi sous le signe de l’excessif, d’une montée aux extrêmes dans les sphères les plus diverses de la vie sociale et de la vie marchande, comme en témoignent les boulimies alimentaires, les addictions au tout numérique (les réseaux sociaux) qui sont la résultante d’une société de consommation frénétique, « j’existe parce que je consomme ».

(…) Nous vivons dans un monde de plus en plus désincarné où les rapports entre individus se dématérialisent : nous prenons l’habitude de communiquer via les SMS, les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) – et les auteurs de ce livre s’y incluent ! Parallèlement, nous perdons le contact avec la nature. En fait, nous sommes dans une époque de grand mépris pour le corps et l’homme se donne bien souvent des projets qui dénient le réel. Il convient pourtant de se réconcilier avec lui. » *

Bref, comment vous dire ?
Cette déconnexion, au-delà même de son statut salutaire, et de mode du mieux-être dont elle fait partie à droite à gauche (bien que loin de moi l’idée d’entrer dans une mode, croyez-moi), est nécessaire, vitale, fondée et fait partie intégrante du bon sens dont je prends conscience mois après mois depuis la naissance de mon fils.

Je trouve le bilan intéressant, non pour me glorifier ou mettre en avant une idée révolutionnaire (elle ne l’est pas, rassurez-vous, elle est même on ne peut plus banale et à la portée de tous), mais au contraire pour mettre en avant une pensée à contre-courant, qui est riche de sens et qui fait sens, qui dénouent les nœuds, qui avouent les faiblesses, qui pointent du doigt ce qui est caché, et qui, peut-être, donnera l’idée à quelques-uns d’entre vous de reprendre votre respiration et de souffler la tête hors de l’eau.

En fait, je parle de déconnexion, mais c’est une erreur, croyez-moi, une grave erreur. En vérité, il s’agit d’une reconnexion. Se reconnecter à soi-même, aux autres humains qui nous entourent, au monde, à la nature, à la planète, au lien social, à l’émerveillement, à la patience, et aux petites choses qui ne nécessitent ni frénésie, ni consommation, ni argent (ou si peu).

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En à peine deux semaines, j’ai donc :

  • Cessé de checker Instagram à tout va. Progressivement, je passe d’une fois le matin à une fois en fin d’après-midi. Je me suis rendue compte que non seulement, ouvrir cette application était devenue un réflexe aussi banal que d’aller se coucher, mais qu’en plus, j’y perdais un temps faramineux, pour parfois ne même pas en être satisfaite, ne pas y avoir puisé un semblant de plaisir ou de joie. Ces deux regards quotidiens me permettent de ne regarder que le nécessaire, les photos qui m’inspirent vraiment, sans le superflu. Et c’est tout de suite plus serein.
  • De ne poster sur mon blog ou sur Instagram que lorsque l’envie s’en fait sentir, lorsque l’inspiration est là, lorsque j’ai réellement du plaisir à partager quelque chose avec vous, et non lorsqu’il faut le faire parce que sinon je vais perdre tout mon lectorat ou parce qu’il faut bien donner des nouvelles plusieurs fois dans la semaine pour nourrir le besoin des uns et des autres (si tant est que vous ayez réellement un besoin vis-à-vis de moi et de mes publications, ce que je n’espère pas en vérité ^^).
  • De n’allumer mon ordinateur que lorsque j’ai réellement besoin d’y faire plusieurs choses. Cela évite de me tenter à me perdre trop souvent sur Internet, sur les sites de vêtements, sur les blogs, etc.
  • De réduire drastiquement le nombre de séries à regarder. En vérité, j’ai déjà amorcé ce point depuis de nombreux mois, et cela me permet de passer beaucoup plus de temps et de soirées en dehors des écrans. Quant à la télévision, nous ne l’avons pas chez nous, donc ce point est facilement réglé.

Bref, l’idée est tout simplement de passer le moins de temps possible sur les écrans, de façon inutile, avec ce besoin de consommer des articles, de consommer des posts, des photos, etc., comme si mon corps, mon esprit, en dépendaient. D’une certaine façon, je rééduque mon cerveau à, instinctivement, par réflexe, se tourner vers des activités palpables, réelles, et non plus virtuelles (oui, c’est dur de s’avouer en être arrivée là… mais que voulez-vous, n’est-ce pas le mal de notre société actuelle ?).

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Et grand bien m’en a fait, car depuis que j’ai amorcé ces choix dans ma vie :

  • J’arrive à terminer mes bouquins en deux jours, et je ne vous parle même pas de ma PAL qui est descendue à une vitesse folle. J’ai retrouvé le plaisir de lire, de me plonger dans une histoire, et de ne plus arriver à la quitter. J’ai également plus d’énergie pour des livres plus intellectuels, qui nécessitent toute ma concentration, y compris le soir. L’envie de relire des Classiques est soudainement revenue, par surprise, et avec grande joie (bon, j’en suis pas encore à me replonger dans un Proust, mais… qui sait dans quelques mois ?).
  • J’ai retrouvé le temps d’écrire des lettres à ma meilleure amie. Bon, j’avoue tout de même qu’avec notre petit N., je les termine de manière hachées, un peu chaque jour, mais mon petit N. est une meilleure excuse à ce retard que le monde virtuel.
  • J’ai le temps de me consacrer à mes projets d’écriture et d’enfin, enfin !, en voir de petites avancées. J’ai enfin le sentiment que j’y arrive, tout doucement certes, et non pas que je recule, ce qui me décourageait considérablement.
  • J’ai, bizarrement, réduit ma consommation de café. Je prends plus volontiers le temps de me préparer un thé et/ou une tisane que je bois par litres dorénavant.
  • Je m’investis davantage dans mes relations sociales, j’accède à plus de bienveillance à l’égard des autres, et également à plus de patience, de compréhension, de recul. J’aime davantage voir du monde, sortir, rencontrer des gens, discuter, etc.
  • J’ai littéralement pris goût à la cuisine, et j’ai enfin le temps de cuisiner, de me préparer des listes de courses digne de ce nom, d’envisager mes menus à l’avance. J’ai également retrouvé le plaisir de recevoir, d’inviter, de partager de la bonne cuisine, sans crainte que « ma cuisine fasse fuir ».
  • J’ai, pour le moment, davantage mis de côté mon appareil photo mais je pense que j’ai besoin de me reconnecter à lui, et j’ai le sentiment que cela va prendre du temps. Jusqu’ici, prendre des photos reposaient beaucoup sur ma perception des réseaux sociaux. Aujourd’hui, je voudrais que mes photos soient exempts de ce regard virtuel, et n’appartiennent qu’à ma seule et unique perception. J’ai le sentiment que le monde virtuel brasse énormément de photos qui se ressemblent, qui traitent des mêmes sujets, des mêmes présentations, etc., mais je voudrais qu’elles me ressemblent avant tout. Un long chemin en somme, car encore une fois il faut abandonner la vieille image contre la nouvelle.
  • Je consomme largement moins qu’avant. Vêtements, maquillage, alimentation, décoration, etc. etc. etc. Je me note ce dont j’ai besoin, ce qui me fait envie (l’utile à l’agréable), et je sais à quoi m’en tenir. Je reste flexible à un coup de foudre, la rigidité accrue n’a rien de bon non plus, mais en grande majorité, cela ne m’arrive pas. Je prends le temps de réfléchir à mon achat et je m’aperçois que je n’en ai pas vraiment besoin, que ça ne me rendra pas « moins jolie » de ne pas l’avoir ou que ça ne manquera pas à ma maison, etc. En revanche, si cela fait partie de mes besoins et de mes critères, j’achète sans hésiter et surtout… sans regrets ! 😉
  • J’ai également plus de bienveillance et de douceur envers moi-même. Je ne me compare quasiment plus, et lorsque je le fais, c’est avec intelligence. J’apprends à m’écouter, à me remettre en question, à m’accepter et aussi à savoir dire non. Je connais mes valeurs, mes besoins, mes émotions, et je vis non plus à côté d’eux, mais avec eux. Il faut quand même l’avouer, quoiqu’on en dise… Instagram n’a rien de bon pour notre confiance personnelle et notre humilité.
  • J’ai bien évidemment plus de temps sérieux, concret, tangible et attentionné avec ma famille et mes amis.
  • Je gagne, petit à petit, davantage d’attention et de concentration dans les taches que je réalise, dans les conversations que j’entretiens, etc. Le grand mal d’Internet, c’est d’avoir cette possibilité de passer d’une info à une autre, d’un site à un autre, d’une histoire à une autre, etc. et ces deux qualités (l’attention et la concentration) en prennent un sacré coup.
  • Je me pose enfin moins de questions sur ma vie. En ce moment, c’était le grand combat. J’avais l’impression que ma vie ne rimait pas à grand chose, que j’étais éloignée de mes passions, de mes besoins, de ce qui me rendrait heureuse. Et les réseaux sociaux me rappelaient toujours à l’ordre : il faut changer de vie, il faut exaucer ses rêves, il faut être heureux envers et contre tout, il faut penser à soi, etc. J’en avais déjà parlé : je ne suis pas entièrement d’accord avec cette idée qui est véhiculée un peu partout maintenant. Je pense qu’on n’apprend plus à se contenter, et qu’il nous faut toujours consommer plus de rêves et plus de bonheur. C’est une course sans fin à mes yeux et ça ne nous mène certainement pas au bon endroit. Beaucoup de bonnes choses ont une fin (aussi) et même si ce n’est pas vendeur, ça n’en est pas moins réaliste. J’ai appris à regarder au bon endroit, avec le bon regard, et surtout avec la bonne personne. Il y a bien plus de bonheur dans notre vie qu’on ne le croit, et ces bonheurs se manifestent étrangement avec beaucoup d’éclat lorsqu’on s’éloigne du monde virtuel. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille rester en arrière et rester malheureux dans sa carrière professionnelle (par exemple), mais simplement ne pas considérer cette situation avec des yeux virtuels. J’ai l’impression que lorsque je me connecte, tout le monde est graphiste, illustrateur, web mode, ou web manager. Pourtant, c’est extrêmement réducteur…

Cet article fait état de mes impressions et de mes ressentis, nous sommes bien entendu tous libres de les ressentir et de les exprimer à notre façon. Cette liste est loin d’être exhaustive, et d’ailleurs elle ne se veut pas exhaustive, mais au contraire être enrichie, temps après temps. Je ne cherche pas non plus à « faire la morale », ce qui serait tellement facile et peu sage, mais simplement à apporter mon regard, mon point de vue, sur un sujet qui tourne régulièrement dans le même sens, en tout cas à mes yeux. Et enfin, je tiens également à préciser que cette déconnexion se fait en douceur, et que aucun des points mentionnés ne s’est réalisés sans chute et sans relève. Lorsque je tombe, j’aime à me rappeler alors « qu’il y a un temps pour tout et un moment pour chaque chose », tout simplement.

N’hésitez pas à partager sur le sujet !

* Masculin et/ou féminin : peut-on choisir ? de Alain Ledain et Eric Lemaître

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