La vie, la vraie,

La vie, la vraie,.jpg


J’ai toujours aimé les peintres qui prenaient le temps de peindre dans la rue, qui posaient le pinceau et qui parlaient du beau temps, des belles couleurs et de la simplicité de la vie avec les inconnus sur le bord du chemin. A 14 ans, je séchais les cours et j’allais Place du Tertre, pour les regarder et pour leur parler, parfois. Je savais que la vie était bien meilleure ici que sur les bancs rigides d’une école, et qu’elle ne battait pas toujours à l’endroit qu’on nous sommait de suivre, d’être, de s’approprier.

Et même si j’ai repris le chemin des études, je n’ai jamais oublié de m’arrêter et de les contempler, de m’émerveiller près d’eux, avec eux. Ce peintre là, il s’abreuvait des histoires secrètes d’Aix-en-Provence, il avait un rire franc et positif, un regard déterminé et un sourire contagieux. Il avait la vie au bout des doigts, qui s’agitait et qu’il laissait éclore, danser, s’exprimer. Le peintre-heureux.

Ce soir, j’écoute Dire Straits (est-ce que je vous ai déjà raconté mon amour pour Mark Knopfler ?), et je me laisse aller à cet article qui n’a aucun sens, ni queue ni tête ni gondole.

Le temps passe, je poste de moins en moins et je dois vous avouer une chose : je suis bien comme ça. Je m’éloigne petit à petit de la frénésie des réseaux sociaux, du post à la minute, à la journée, et de la vie qu’on expose.

J’ai un besoin viscéral de profiter de l’instant présent et de tout ce qu’il contient, sans artifices, sans intermédiaires, sans obstacles. Et une envie salutaire de profiter du temps dont je dispose, de l’utiliser à bon escient, de l’intégrer dans une dimension personnelle et non plus collective.
Ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas partager ; j’aime même beaucoup ça. Mais partager a ses limites, et je viens de prendre conscience que j’avais fait trois pas de trop. J’aimerais vous expliquer, avec des mots plus simples, ce qui se passe dans ma tête depuis plusieurs semaines, mais croyez-moi, c’est déjà très difficile pour moi de trouver les mots justes ; rien que les mots justes.

J’ai conscience que cette démarche s’est initiée, tout doucement, à pas feutrés, depuis la naissance de mon fils, et qu’elle n’a jamais cessé de se nourrir, de trouver de la place, de s’arranger avec mes sentiments. Aujourd’hui, je sais que je n’ai pas envie de tomber dans le domaine public et que je veux donner moins de place aux regard des autres. J’ai besoin de vivre pour moi, je ne veux pas avoir à exposer ma vie pour occuper mon temps.

Attention, c’est un choix purement personnel, qui m’appartient, et qui n’a pas lieu de critiquer ou de montrer du doigt le choix des autres. J’avais simplement envie/besoin de partager tout ce qui grouillait dans ma tête depuis quelques temps et qui me rendait si discrète.

J’aime la vie et tout ce qu’elle contient, ce n’est un secret pour personne. J’ai appris à trouver du positif dans les moindres petits détails et à détourner le regard du négatif pour que le positif prenne le pouvoir. Avec beaucoup d’exercices et de patience, j’ai appris à changer mon état d’esprit, mes réflexes premiers et mes pensées automatiques. J’ai longtemps chuté, mais aujourd’hui j’ai trouvé mon équilibre et je souhaite le préserver.

Et aujourd’hui, se pose à moi le problème du paraître, du « m’as-tu vu » et du « aimes-tu ? » des réseaux sociaux. J’ai encore et toujours le sentiment que ces outils viennent combler un vide narcissique, un manque d’intérêt personnel. Peut-être n’ai-je rien compris à ces outils, et n’y comprendrais-je jamais rien, mais ce dont je suis certaine, c’est que nous n’avons pas besoin d’eux pour être heureux, même s’ils savent nous rendre dépendants et se rendre indispensables dans nos vies chronométrées. Je suis intimement persuadée que nous pouvons y faire de très belles rencontres, c’est d’ailleurs mon cas, mais : et après ? En dehors de ça ? Qu’est-ce qu’il nous reste ? A mon sens, des yeux braqués sur nous et beaucoup trop d’approbation nécessaire.

Bien sûr, je continue de suivre mes blogs et mes comptes fétiches, de temps en temps, pour la beauté, l’inspiration, et la sérénité qu’ils m’apportent. Je ne suis pas devenue soudainement réfractaire à la moindre démarche moderne, loin de là. Mais je ne les subis plus, je les choisis et m’en délecte avec un juste équilibre. Mieux encore, je ne m’y implique plus directement, mais je m’en abreuve avec simplicité et humilité.

J’ai retrouvé du temps pour moi, et ce temps qui me manquait tant me permet de me consacrer à des projets que je me contentais d’admirer chez les autres, passivement. Peut-être que je pourrais jongler sur tous les fronts, mais cela ne m’intéresse pas. Je ne veux pas avoir à courir après le temps, ni même passer de tache en tache sans pleine conscience. Je veux profiter du plus important et m’en contenter, car c’est ça, oui, ça, qui me rend pleinement heureuse.

Certains me répondent, le sourire aux lèvres : tu es une artiste. Je leurs réponds, le cœur en montgolfière : oui, je crois bien que oui, je suis une artiste, oui voilà, une artiste. Me centrer sur l’essentiel, voilà bien le plus important à mes yeux. Me centrer sur l’essentiel et vibrer à l’authenticité. Orgueil et Préjugés ne me ressemble pas pour rien, et combien de fois n’ai-je pas rêvé de vivre précisément à cette époque-là. Cette scène où Keira Knightley, tendrement, lit un livre en se blottissant dans les recoins de son jardin, aujourd’hui je sais pourquoi elle me parle tant. Cette scène me ressemble pleinement, parfaitement, et toute la douceur qu’elle dégage n’attend que de s’installer dans le recoin de mes journées.

J’ai besoin de temps, d’humilité, de créativité, de douceur, et de simplicité. Je ne crois sincèrement pas avoir besoin de plus. Consacrer le peu de temps que j’ai pour mes projets personnels et artistiques, mon bien-être, ma famille, et les personnes qui accrochent le plus mon cœur. Et je dois avouer que le livre que je viens de terminer et le livre que je lis actuellement rejoignent totalement cette pensée, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Alors voilà, j’ai accroché ce blog, mon compte Instagram, au port de la vie, et je les laisse vivre au son du roulis, au parfum des vagues, au rythme de l’eau. Parfois, quand l’envie m’en prend, alors je les saisis pleinement pour une balade en mer, pour un tour iodé, mais cela ne dure jamais bien longtemps, car je sais que le plus important n’est pas le bateau, mais bien l’horizon.

Publicités

3 réflexions sur “La vie, la vraie,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s