Onze mois plus tard, maman et bébé grandissent ensemble,

Onze mois, et onze nouvelles découvertes sur bébé et sur maman,.jpg


Notre petit N. a onze mois aujourd’hui, et même si je n’arrive toujours pas à réaliser qu’une année va bientôt grimper sur lui et le chatouiller jusqu’à parfaite absolution, je réalise néanmoins que ces onze derniers mois nous ont énormément changé et nous ont énormément fait grandir. Notre petit N. a beau pousser, grandir, mûrir, je peux vous dire qu’il en est de même pour nous, et tout particulièrement pour moi.

Je suis loin d’être une maman parfaite, la relation réelle et vivante entre mon fils et moi fait ressortir mes plus belles qualités comme mes défauts les plus laids, mais néanmoins j’avance, j’évolue, je grandis, je me hisse sur la pointe des pieds et je saisis pleinement la largeur, la longueur, la hauteur, de la vie maternelle.

Entre petit N. et moi, c’est une histoire de patience. C’est un bébé très vif, très curieux, et avide de vivre. Je suis également quelqu’un de très vive, de très curieuse et pleine d’avidité pour la vie. Et comme deux choses communes, comme deux rencontres parallèles, comme deux objectifs qui se croisent : nos personnalités s’entrechoquent parfois. Lorsque je voudrais croquer la vie, il souhaite la croquer en même temps, et lorsque je souhaite assouvir ma curiosité, il en fait souvent de même. Ma vivacité rencontre la sienne, et sa personnalité entière, complète, fait écho en moi. Dans ces moments-là, si au début c’était plutôt chaotique, aujourd’hui c’est devenu lisse et serein. Onze mois plus tard, je suis officiellement devenue patiente – je peux enfin le dire – et je relativise énormément. J’ai appris à regarder la vie avec son prisme enfantin, et ma vivacité, ma curiosité, mon envie de vivre, ont dorénavant développé une cohésion naturelle avec ses mêmes traits de personnalité. Et de la patience pour les nuits sans sommeil que je me croyais incapable d’affronter, et qui pourtant ont fini par devenir des rituels de plaisir et d’attente joyeuse.

Entre petit N. et moi, c’est une histoire de lâcher-prise. C’est peut-être bien ce qui m’a demandé le plus de temps, le plus d’énergie, et le plus de patience (on y revient, vous voyez. Tout est lié.). Lâcher-prise sur le regard des autres, sur le regard que je porte à moi-même, sur le contrôle du temps, sur les tâches à accomplir, sur les délais impartis, sur l’important, l’essentiel. Il a fallu que j’apprenne à m’aimer autrement, que je réalise les dysfonctionnements internes, que je m’avoue des secrets oubliés par le silence et le sommeil, que je revois mes priorités, ma façon de concevoir mes journées, les années, notre vie, et que je fasse abstraction des on-dit-que, au profit de ce que je ressens, ce dont j’ai réellement envie, ce que je pense bon, bien. Une équation d’une grande complexité.

Entre petit N. et moi, c’est une histoire de révélation. Je pensais me connaître suffisamment pour guider mes pas aux bons endroits, et pourtant. J’avais tout faux et j’ai tout repris de zéro. C’était dur, douloureux et parfois même déchirant. Mais c’était nécessaire et salutaire. Je pensais être une femme au foyer évidente, mais il a fallu me rendre à l’évidence que j’aimais en vérité travailler, que j’aimais avoir une vie professionnelle à côté de la maternité, et que c’était mille fois plus joyeux et plus affectueux pour moi de retrouver mon fils après une journée de travail. J’ai appris à m’écouter, à laisser mes sentiments et mes émotions s’exprimer, dans toute leur intensité, leur couleur et leur bruit. C’est ainsi que j’ai appris à cajoler ce que j’aimais et à changer, à reconstruire, ce que je n’aimais pas ou plus, que ce soit en moi ou autour de moi. J’ai appris à écouter mes besoins, mes envies, mes aspirations et mes rêves, irréels ou non, viables ou non, avec toute la palette des possibles et des élucubrations. Je me suis laissée vivre, dans toute sa dimension, et je me suis donnée le droit de souffler, d’accepter ou de refuser, d’exprimer ou de taire, de donner ou de garder, d’oser, d’essayer, ou de réfréner, d’archiver.

Entre petit N. et moi, c’est une histoire de bienveillance. Ma vision de la parentalité, et par ricochet gagnant, ma vision de la vie, ont changé, se sont laissées sculpter par les écrits, les réflexions, les analyses, les expériences et les vérités, les évidences. Et j’ai appris alors, des mots que je pensais connaître, avec lesquels je pensais jouer quotidiennement, mais qui en vérité me sont apparus nouveaux, vierges : bienveillance, empathie, positif, écoute, compréhension, à la place de, patience, douceur, fermeté. Je découvre un dictionnaire, une encyclopédie de vie. Ce qui a tout changé.

Entre petit N. et moi, c’est une histoire d’amour. Depuis quelques semaines, je réalise que je n’aimais pas autant, comme ça, dès les premiers mois. Il y a cette force du temps et de la relation qui bouscule et qui transcende. Une force qui pousse et qui réunit. Coûte que coûte. Jour après jour. Et même s’il faut tout recommencer, s’il faut un ailleurs, un après, un demain et un autre jour. Et même s’il faut avoir peur, reprendre son souffle, et sauter. Même si demain paraît noir, et même s’il faut serrer ta main encore plus fort, même si l’avenir est incertain, même si cette beauté nous semble éternelle. Un amour tel que le combat est enrichissant, l’incertitude est constructive, la vie semble d’une beauté infinie. La grossesse n’est qu’une révélation évidente : nous ne faisons qu’un, toute notre vie, avec des variations différentes et des formes diverses. Un amour qui nous offre la certitude d’une seconde grossesse et d’un second enfant. D’une seconde patience, d’un second lâcher-prise, d’une seconde révélation, d’une seconde bienveillance. D’un second amour.

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