Pour une enfance heureuse, de Catherine Gueguen, ou quand un livre a totalement changé ma vision de la parentalité,

Pour une enfance heureuse du Docteur Catherine Gueguen.JPG


J’ai dernièrement été bouleversée par le livre que je lisais (et que je viens de terminer tout juste aujourd’hui). Si vous n’avez pas fait attention à la mention « Lecture en cours » à droite de mon blog, laissez-moi vous présenter ce livre – qui ne sera d’ailleurs peut-être pas une découverte pour vous : Pour une enfance heureuse du Docteur Catherine Gueguen.

Il y est fait mention de la parentalité positive mais, croyez-moi : pas seulement. Ce serait tellement, mais alors tellement réducteur de le contenir dans ces deux petits mots. Moi aussi je me suis pensée la même chose au début : pfou ! encore un livre sur la parentalité positive, qui va nous tordre les oreilles et nous culpabiliser si on a le malheur de voir les choses autrement. Hé bien, permettez-moi de vous l’avouer : je me suis trompée, littéralement, et je suis ravie de cette erreur !

Avant toute chose, je souhaiterais placer cet article dans un contexte précis. Il faut savoir qu’avant de démarrer cette lecture, j’étais mi-figue mi-raisin face à l’éducation bienveillante et positive. J’ai lu ça à droite, à gauche, sur tous les blogs que je suis habituellement, et je finissais par en avoir « ma dose ». J’avais très envie d’y croire, d’appréhender convenablement le sujet, de m’y intéresser totalement et même d’y adhérer, mais je ne supportais plus les discours moralisateurs et culpabilisants qui sont si facilement – à mes yeux en tout cas ! – employés par les parents ou les professionnels qui mettent en lumière cette façon de vivre avec ses enfants. Pour autant (c’est là tout le paradoxe), je sentais qu’il fallait que je m’y intéresse, et plus encore : je sentais que je voulais fonctionner comme ça avec mon petit N.

Après plusieurs avis sur ce sujet, et un post fatidique sur Instagram qui m’a fait l’acheter sans plus d’hésitations, j’ai démarré ma lecture sans a priori. Je me suis laissée porter, avec objectivité, sur le traitement de ce sujet – assez délicat, il faut le dire. Et j’ai immédiatement accroché. Dès les premières pages, j’ai su que ce livre ne me laisserait pas indemne, qu’il me marquerait et qu’il laisserait son empreinte dans ma vie de jeune maman et de jeune femme. Ce qui n’a pas loupé.

Si je devais vous recommander un seul livre sur la parentalité ? Allez, je vous laisse deviner…

Le livre se découpe en 9 chapitres, qui sont tous aussi intéressants les uns que les autres. Pour commencer, Catherine pose les bases de la relation adulte-enfant, ses difficultés et sa perception du côté de l’enfant et du côté des parents. La base.

La seconde partie traite ensuite du cerveau de l’enfant. C’est une partie assez technique, et pourtant indispensable pour comprendre la suite du livre et là où elle veut en venir. Malgré les termes scientifiques employés (cortex pré-frontal, cortex orbito-frontal, cortex cingulaire, amygdale, etc.), j’ai adoré en apprendre davantage sur le découpage du cerveau et son fonctionnement chez l’enfant (et en comparaison de l’adulte). Je peux vous dire que j’en ai appris et que j’ai terminé ce chapitre avec une vision déjà métamorphosée.

La troisième et quatrième parties abordent le lien entre le cerveau, l’affectivité, la vie relationnelle et le stress chez l’enfant. Si vous vous y connaissez déjà, sur ce sujet, vous en aurez disons une approche rafraîchissante. En revanche si, comme moi, vous n’y connaissez rien : vous allez avoir de sacrés surprises ! C’est un des passages les plus importants du livre, et des plus bouleversants à mon sens. Je crois qu’à la fin de ces deux chapitres, j’ai su que je voulais être une mère différente de ce que j’imaginais jusque-là. Elle avait réussi son pari : le message était passé.

La cinquième et sixième partie traitent de deux éléments fondamentaux au sein du cerveau. Si, pour la sixième partie, on en connaît déjà un peu les prémices (l’ocytocine en fait partie, la molécule qu’on connaît bien grâce à la grossesse et à l’accouchement !), j’ai quand même fait de grandes découvertes et j’ai notamment saisi pleinement le lien entre images/films/télévision sur le cerveau de l’enfant et, ensuite, sur son comportement.

Les trois dernières parties traitent enfin de la parentalité positive telle qu’elle est présentée de façon globale, un peu partout. Elle termine par ce sujet, et j’ai apprécié cette façon de construire le livre, car finalement nous l’appréhendons différemment, les armes sont tombées, nous avons accepté, grâce aux chapitres précédents, de voir ce sujet avec un regard neuf et une approche bienveillante. Si vous vous posez la question, j’y réponds : oui, la Violence Éducative Ordinaire (VEO) est bien abordée dans le chapitre 8, et étrangement, cette fois, je n’ai pas culpabilisé. J’ai simplement eu envie de changer et d’aimer mon fils autrement. Rien de plus.
Jusqu’ici, j’ai toujours considéré la fessée comme une possibilité en dernier recours, si vraiment c’était nécessaire, si tous les moyens bienveillants et respectueux ne fonctionnaient pas. Aujourd’hui, je vois les choses d’un point de vue tout à fait différent. La fessée ne fait plus partie de mon vocabulaire. Et, comme l’explique très bien Catherine Gueguen : la parentalité positive ne signifie pas ne rien dire, tout accorder, répondre à toutes les demandes, et ne poser aucune limite, bien au contraire. Mais les limites sont approchées différemment.

Ce serait un avis incomplet si je ne vous disais pas que ce livre m’a interpellée sur mon enfance aussi, sur ma personnalité d’aujourd’hui, le pourquoi du comment. Certaines réponses à des questions éternelles sont enfin apparues (attention : ce n’est pas pour dire « mes parents ont vraiment mal fait » ou « ils m’ont mal aimé », mais simplement pour dire « mes parents m’ont aimé malgré tout, ils ont cru bien faire, ils ne savaient pas tout, mais aujourd’hui moi je sais et je ne peux pas faire comme si »). C’est un livre qui m’a libérée et qui m’a façonnée. Mais c’est aussi un livre qui m’a bouleversée, qui m’a fait du mal parfois et qui m’a demandé du recul, du temps, du pardon. Un beau livre, en somme, que je m’empresse de compléter par son second livre : Vivre heureux avec son enfant !

J’espère que cette revue lecture vous aura intéressé et vous aura donné envie de lire ce livre. Si ce n’est pas le cas, j’espère que cette citation achèvera de le faire :

« Pourquoi appelle-t-on :
Agression le fait de frapper un adulte,
Cruauté le fait de frapper un animal,
mais Éducation le fait de frapper un enfant ? »
Anonyme

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10 réflexions sur “Pour une enfance heureuse, de Catherine Gueguen, ou quand un livre a totalement changé ma vision de la parentalité,

  1. Maman Nouille dit :

    En tout cas tu donnes envie de découvrir cet ouvrage.
    Moi aussi, comme toutes les mamans (et peut être encore plus les mamans blagueuses) l’éducation bienveillante m’interpelle mais je la trouve souvent très culpabilisante pour les parents et je ne suis pas d’accord avec tout ces principes. du coup l’aspect ‘scientifique’ m’intéresse.

    Aimé par 2 people

  2. bri_challenge dit :

    J’ai été véritablement touchée par ton article. Tu me donnes vraiment envie de lire ce livre. Merci! Et je viens de me rendre compte que je te suis sur instagram grâce à l’atelier instagratitude! Contente de découvrir ton blog!
    Bises 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Cendra dit :

    C’est simple, c’est le livre qui m’a fait basculer et qui a fini de me convaincre sur l’éducation. C’était clair, c’était scientifique, c’était incontestable. Merci pour cet article!

    Aimé par 1 personne

  4. HINDRE dit :

    Un vrai plaidoyer pour ce livre. Ca donne vraiment envie de le lire. On sent dans ton billet toute l’émotion vis à-vis de ton fils et même de ton enfance. Il semble t’avoir réellement « remué ».
    C’est l’influence émotionnelle qui transpire de ton texte qui me donne envie de le lire.
    Merci de nous avoir fait partager ta découverte.

    Aimé par 1 personne

  5. auboutduvoyage dit :

    Tellement d’accord avec toi… j’ai un peu de mal aussi avec toute cette culpabilisé qu’on nous dépose sur les épaules ! Mais ici, en tout cas pour moi, je ne l’ai pas ressentie, c’est sûrement aussi pour ça que j’ai accroché 🙂

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