L’être, cet humain,

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Ce soir, plus que n’importe quel  soir – et Dieu sait pourtant que je l’ai pensé tant de fois, surtout ces dernières années – j’ouvre les yeux sur l’intensité d’un état, d’une condition, d’un fait. L’être humain est naturellement laid, cruel, égoïste.

OK, là j’ai perdu tous mes abonnements ! « Décidément, celle-là, elle aime les sujets qui ne sont pas populaires ». Oui, je sais… Je suis un contre- courant. Pourtant, je suis persuadée que vous ne pouvez pas me dire : c’est faux, tu as tort, l’être humain est naturellement beau, merveilleux et empathique. Sinon, pourquoi recherchons-nous la bienveillance, rendons-nous l’amour si illustre, employons la gentillesse comme un chemin à emprunter ?

Il y a quelque chose qui ne va pas chez nous, qui ne tourne pas rond et qui nous explose régulièrement à la figure. Certains sont défigurés, d’autres simplement égratignés, et puis il en reste un certain nombre qui n’en ont que faire et qui méprise ces vérités. Alors, bien sûr, vous allez me dire : il y a l’espoir, il y a l’amour, il y a l’humanité, et surtout il y a la foi. La foi en la vie et en l’être humain. Mais voilà… pour être tout à fait honnête avec vous, je n’adhère pas particulièrement à ce concept. La vie, nous la subissons tous, avec sont lot de sourires lumineux et son lot de larmes douloureuses. Elle se manifeste sous différentes formes, tantôt affectueuse, tantôt agressive. Alors devrions-nous avoir foi en la versatilité, en l’inconstance ? C’est à chacun de voir, de peser, d’estimer bien sûr. Et l’être humain, cette personnalité impétueuse, qui peut passer de l’amour à la haine en si peu de temps pour le dire ? Qui peut enlacer et tuer en une émotion ? Qui peut faire preuve de douceur et se mettre à crier en si peu de secondes ? Incontrôlable, impalpable, insondable ? Est-ce la définition de la foi ?

Et ce soir, je suis là, épuisée, collée aux barreaux qui entourent le lit de mon fils, qui dort paisiblement, et je me dis : est-ce qu’un jour je te laisserai dans ce monde ? Est-ce qu’un jour tu comprendras, tu verras et tu accepteras, cette vérité difficile ?

En 25 ans, j’ai rencontré, j’ai découvert, j’ai vu, lu, entendu beaucoup de gens différents. Des gens intéressants, inspirants, passionnés, heureux, humbles, positifs, et même altruistes. Mais j’ai aussi rencontré des gens égoïstes, orgueilleux, prétentieux, méchants, vulgaires, colériques, violents, passifs, menteurs, malhonnêtes, négatifs. Je ne prétends pas tout connaître, et encore moins en ce qui concerne l’être humain. Je suis comme vous, j’en apprends tous les jours. Parfois, ce sont de très belles surprises, et parfois c’est une déception amère, c’est un cacao 90%.

Mais ce soir, ce soir… j’ai conscience de la gravité de l’état humain. Et non, vraiment, non, je n’ai pas foi en l’être humain. Il est capable de tout, et rien ne lui résiste. Il peut construire, et il peut détruire. Il peut apporter des paroles d’amour, mais il peut aussi apporter des paroles de mort. Il peut embrasser comme il peut gifler. Il peut donner la vie comme il peut la retirer. Il peut encourager comme il peut décourager. Il peut valoriser comme il peut dévaloriser. Il peut aimer comme il peut détester. Il peut caresser comme il peut griffer. Il peut sourire comme il peut mépriser. Il peut s’intéresser aux autres comme il peut ne s’intéresser qu’à lui-même. Il peut être empathique comme il peut être antipathique. Il peut dire la vérité comme il peut mentir. Il peut être juste comme il peut être injuste. Il peut être doux comme il peut être violent. Il peut être créatif comme il peut être destructeur. Il peut être admiratif comme il peut être jaloux. Il peut être humble comme il peut être orgueilleux. Il peut être équilibré comme il peut être fou. Il peut être humain comme il peut être inhumain.

Nous sommes tous différents. Nous avons tous notre valeur et notre préciosité. Nous sommes tous riches de vie, riches de sens, riches d’avenir. Mais nous sommes tous aussi, tels que nous sommes, imparfaits. Pas un seul n’arrive au-dessus d’un autre car pas un seul n’est parfait. C’est en ça que nous devrions avoir foi : la condition parfaite de l’être humain.

Et pourtant. Ce soir… j’ai particulièrement conscience que tout le monde ne fixe pas ses yeux au même endroit, que tout le monde ne se bat pas pour le même objectif de vie et que parfois, certains, en arrière des autres, se complaisent dans leurs haillons, leurs fanges, leurs désespoirs. Et ça m’attriste, ça m’attriste… Alors, je reste là, aux pieds du lit de mon petit N., et je le regarde dormir, j’écoute sa respiration fluide, limpide, linéaire. Et j’ai conscience alors que l’être humain de demain est là, tout petit, dans un 18 mois rayé. Et mon cœur, ce volcan en irruption, s’épanche et se penche, jusqu’à sa si petite joue rose, délicatement embrassée par les battements de vie d’une maman éprise.

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