Deux enfants, cette longue évidence,

Deux enfants, cette longue évidence,.jpg


En 2016, je suis passée par plusieurs phases. Et je ne suis pas certaine que celle que je franchis en ce début d’année 2017 soit la dernière, mais qu’importe.

En avril 2016, et pendant plusieurs mois, j’ai refusé littéralement l’idée d’avoir un deuxième enfant. On est beaucoup à avoir connu ça, j’en suis certaine. On vient d’accoucher, on subit les premiers mois difficiles (+1 pour le RGO), et on se prend, parfois, à s’imaginer avec deux enfants… et les yeux nous sortent des orbites. Quelle idée, mais quelle idée !

Voilà où j’en étais au printemps 2016, et je crois bien que ça a duré tout l’été. Pleinement satisfaite d’avoir mon petit garçon, je n’en demandais pas plus et je n’étais pas si gourmande.

La rentrée s’installe, et instaure en moi un nouveau sentiment, un nouvel état d’esprit, une nouvelle phase. Un second enfant, bof (bof et pas non, vous notez, je n’ai pas immédiatement saisi la nuance mais vous comprendrez quelques lignes plus bas), mais ce qui est nouveau, c’est que je ne veux plus QUE mon fils. Lui, lui et rien que lui. Tant pis pour le deuxième enfant, s’il le faut, mais je veux surtout profiter de petit N., avant toute chose. Je veux qu’il ait toute l’exclusivité, car je prends conscience que le temps passe très vite, qu’il grandit très vite, que la reprise du travail n’est plus très loin, et qu’un enfant, rien qu’un seul, demande déjà beaucoup d’attention et prend beaucoup de temps. Je ne veux pas passer à côté de mon premier enfant, au motif d’avoir une famille à fonder rapidement, et je veux lui consacrer mon entièreté.

Peu de temps après, c’est catégorique, je ne veux plus de second enfant. Notre petit N. nous comble de bonheur, en long, en large, en travers, et cela nous suffit amplement. Un deuxième enfant prendra trop de place, nous serons obligés de partager, de nous scinder, de nous départager même. C’est une horreur ! Et puis nous n’aurons plus de vie privée, notre avenir professionnel en prendra un sacré coup, et notre couple ira forcément à vau-l’eau ! (hahahaha, voilà, maintenant j’ai le droit d’en rire)

J’ai repris le travail, comme vous le savez déjà, avec plaisir et sérénité, et cette situation me convenait très bien. Nous avions enfin notre place en crèche tant désirée, j’avais enfin mon congé parental à temps partiel, notre couple se retrouvait enfin, petit N. n’avait enfin plus aucun problème de ventre et dormait presque à poings fermés. Bref, la vie chante et les oiseaux sifflent.

C’était sans compter sur ce sacré mois de décembre, qui nous a fait vivre de véritables montagnes russes. Je suis passée par une période très difficile, j’ai tout remis en question et j’ai – presque – tout envoyé balader (sauf mes deux hommes, eux je les garde à vie). C’était sans savoir que je serai bien entourée, bien accompagnée, et bien soutenue par mes amis et ma famille, et surtout, embrassée par la patience et la bienveillance de G., qui m’a littéralement sauvée. Je n’ai jamais été aussi patiente et bienveillante envers moi-même, et c’est quelque chose.

A ce moment, j’ai compris que bof, ce n’était déjà plus un non, et encore moins un négativisme catégorique. Je n’étais pas sûre, mais j’appréhendais, doucement, cette nouvelle possibilité. Quand on vient de se réveiller, le volet s’ouvre petit à petit, afin de ne pas se faire engloutir par les rayons de soleil et s’éblouir de vie. Un second enfant ? Peut-être. Pourquoi pas. Faut voir. A méditer.

Et tout est allé très vite, sans toujours comprendre, parfois de façon totalement impalpable, mais avec beaucoup de fougue. J’ai commencé par aimer l’idée d’être enceinte une seconde fois (ho oui alors !), mais l’idée d’être maman, d’accoucher une seconde fois, me refroidissait très vite. Et cette idée a fini par s’installer, à pas feutrés, et à germer, comme un printemps qui reprend ses droits un 21 mars.

Le boulot ? Tout ira bien ! Je suis une bosseuse, et rien ne changera ça. Le couple ? On est fou amoureux, notre spontanéité, notre âme d’enfants, notre sensibilité, notre force, tout est là, comme au premier jour. Je ne suis pas inquiète, surtout quand je constate, je ressens, comme petit N. a nourri notre amour. Un second mode de garde, l’aspect financier, le déménagement, l’accouchement, j’ai la foi.
A pas feutrés, comme une danse improvisée sur une couche de neige.

Mais c’était sans compter sur cette journée, en apparence anodine, qui m’a fait dire, un soir, sur le canapé, à G. : C’est quand tu veux. Pour ma part, je suis prête à accueillir un deuxième petit bouchon dans la famille !
Cette journée où, un risque en apparence anodin, un battement de cœur en trop, m’a fait réaliser que la probabilité que tout arrive plus vite soit tout près de mon visage. Et que l’idée que tout ça n’ait jamais été aussi loin de moi également. M’attendant à de la peur, de l’inquiétude, du stress, j’ai en vérité ressenti une seule chose, inattendue, pure, innocente : la tristesse que ce ne soit qu’une fausse alerte.

Et j’ai compris. Le volet, bondissant d’impatience, est tombé de la façade. Le soleil a pénétré tel un invité surprise, mais qui, même à 4 heures du matin, nous ragaillardis par sa simple présence. Ce deuxième enfant viendra quand il viendra, à l’heure qui lui sera donnée d’exister, mais je l’aimerais de toutes les façons, et je l’aime de toute façon, avec joie, passion, plaisir et surtout : évidence.

Le printemps se cache parfois sous le givre éclatant.
Et l’évidence se cache parfois sous le coton d’un pyjama 1 mois.

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