La maternité, ce long fleuve pas si tranquille que ça,

La maternité, un fleuve pas si tranquille que ça,.jpg


Vous me direz, cet article n’est peut-être pas suffisamment objectif, si on prend en compte le fait que depuis plusieurs jours, notre petit N. a attrapé un vilain rhume, et qu’il a partagé ses microbes avec sa gentille môman (mais qui a inventé le mouche-bébé, sans rire ?). Et pourtant, et pourtant…

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai parfois l’impression de me torturer. Je culpabilise régulièrement, et j’ai tous les jours le sentiment de ne pas donner ou de ne pas faire assez pour mon fils.
Tiens, regardez : quand mon petit N. joue sur son tapis d’éveil et s’éclate tout seul, j’en profite souvent pour prendre un livre ou un magazine et poursuivre ma lecture, sur le canapé, juste à côté de lui. C’est sans compter sur ma petite voix intérieure qui ne cesse de me répéter que je devrais lui accorder TOUTE mon attention, sans discontinuer, même lorsqu’il joue et même si j’ai envie de prendre un peu de temps pour moi. Après tout, je suis en congé parental pour profiter et prendre soin de lui, non ? Alors je lis avec culpabilité… et c’est un sentiment plutôt amer. Vous allez me dire que c’est bête, hé bah vous savez quoi ? Je suis d’accord, c’est même totalement ridicule !

En ce moment, je suis dans la phase où je culpabilise de reprendre bientôt le travail (début novembre) et de l’envoyer à la crèche (fin octobre). Je me répète en boucle : quelle maman qui aime son enfant peut faire ça ?! (bon, ne me frappez pas, c’est de l’auto-persuasion ratée, bien sûr qu’on peut aimer son enfant et reprendre le travail, et je le sais au fond de moi, bien au fond bien caché). Quand G. rentre du travail, certains soirs, je le regarde en l’implorant presque : je ne veux paaaaaaas reprendre le travaaaaail. Heureusement, lui, la sacrot sainte sagesse de la maison, il sait bien que c’est faux et que c’est un sentiment normal, qui cache la peur. Peur de passer à côté des étapes de mon fils (et si la crèche le voyait marcher avant moi ?), peur de ne pas avoir assez de temps avec lui, peur de ne pas m’en occuper assez, peur de ne pas être assez présente, etc. (et je reprends qu’à temps partiel, alors vous imaginez…)

Au début, c’était la même chanson, je culpabilisais de ne pas faire la sieste quand mon fils la faisait. Parce qu’en vérité, je déteste dormir en pleine journée, j’ai l’impression de perdre mon temps et ensuite, quand je me réveille, je suis dans un état léthargique détestable. Et pourtant, j’ai bien dû me rendre à l’évidence et apprécier cette façon de faire : j’aime lire avec mon café bien chaud pendant que petit N. fait de beaux rêves. C’est ça qui me ressource et me requinque et me donne la force de tenir tous les jours, toute la journée. Après tout, pourquoi pas ? Il n’y a pas une seule façon de voir les choses. Mais voilà que ma voix intérieure n’était pas tout à fait d’accord avec moi… (encore).

Et on en parle, de ce sentiment de ne pas assez bien faire ? Quand je vois ou quand je lis certaines mamans, je suis admirative devant leur capacité à tout gérer de front, sans sourciller, sans trembler. Et même quand elles se posent des questions, elles restent sereines. Je dis chapeau. Mais moi, j’en suis à des années lumières, et pendant la période où notre petit N. avait de gros problèmes de ventre, il y a des jours où je peux vous dire que je n’avais pas envie de commencer la journée et de retrouver ses crises de coliques et de larmes. Je n’avais qu’une envie : m’enfouir sous l’oreiller et oublier. Du silence, et dormir. Aujourd’hui, avec le recul, je ne peux pas m’empêcher de me dire : quand même, il n’y était pour rien et il méritait une maman bien plus patiente et bien plus tolérante. J’ai fait ce que j’ai pu… et pourtant, j’aurais pu faire mieux.

Sans parler de certaines mamans qui se comparent à vous et vous prennent comme un défi, un challenge à relever, un objectif à atteindre. Hein ? Quoi ? Elles vous assènent alors à coup de « maternité rose » et de « bébé bisounours »… Et c’est très fatiguant.

Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse, je me demande encore où chercher ma propre bienveillance. Ce qui est sûr, c’est que je ne cherche pas au bon endroit, mais j’ai enfin compris combien il était important de la trouver à son juste équilibre. Alors, je vous encourage aussi à la chercher, à creuser, déchirer, trouer, taper, creuser encore, pour la trouver et la garder bien précieusement. Nous sommes des mamans géniales, et ce n’est pas notre voix intérieure qui dira le contraire, n’est-ce pas ?

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